Merci pour l'ensemble de vos commentaires.
Voilà effectivement une occurrence embarrassante de prime abord. Belle trouvaille.fil-en-tropes a écrit : ↑sam. 13 juin 2026, 19:33Il s’agit donc de voir si à partir d’un corpus substantiel (qui fait défaut ici) un système se dégage, s’il y a des blocages, ou simplement des trous dans le système.Il n'est pas sûr qu'une analyse rationnelle rende parfaitement compte de l'usage.
Cette discussion est bien née d’une phrase produite par un usager, n'est-ce pas ? Ce n’est peut-être qu’une incongruité, mais ce peut également être un énoncé parfaitement compatible avec la grammaire du français.
D’ailleurs, n’a-t-on pas ici, une belle occurrence :
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La grammaire n'est pas en cause, d'autant que notre grammaire est assez bonne fille et se laisse prendre volontiers dans tout un tas de contorsions.
Ici, le sens semble bien être clairement "fais une prière pour moi", et on aurait pu avoir aussi bien "dis-moi une prière", "dis-moi une messe", "fais-moi une messe"... où le datif moi est un mixte de datif d'intérêt et de cet autre datif rhétorique spécial à "moi" qu'on trouve dans "regarde-moi cet abruti" (il n'y a pas de *regarde-lui cet abruti).
Quoique parfaitement grammaticale en français, la formule ne correspond pas, selon moi, à l'usage francophone habituel de nos jours, mais la citation reflète peut-être plus la langue vaudoise et genevoise de la première moitié du XIXe siècle que la langue actuelle écrite en France, sans exclure la maladresse d'expression.
En fait, je serais très intéressé de voir plutôt des citations du genre "fais/faites-lui une prière" où le sens soit bien "fais/faites une prière pour lui" et non "prie/priez-le". Cela correspondrait plus à l'usage qui m'a semblé irrégulier et que j'avais cité plus haut (mon message). Il doit bien s'en trouver, semblables à celui que j'ai cité, et qui se justifient par le fait que leur grammaire n'est pas incompatible avec les règles officielles ; mais l'usage, en tout cas le fameux bon usage, ne semble pas les avoir acceptés, pour cause d'ambiguïté.


